LIEUX DE MÉMOIRE et D'HISTOIRE
de L'IMMIGRATION et de L'EXIL ESPAGNOLS en ÎLE-DE-FRANCE
un site créé par la FACEEF

La présentation du projet



Dans l’histoire contemporaine des dynamiques migratoires, les déplacements de personnes entre la France et l’Espagne apparaissent comme une constante, du fait de la proximité géographique des deux pays. Ces échanges s’intensifient au XXème siècle, et la France devient alors l’une des principales destinations des migrants espagnols sur le continent européen.


Les raisons de ces déplacements sont politiques et/ou économiques. Trois vagues distinctes marquent l’arrivée des Espagnols sur le territoire français. A la suite de la Première Guerre mondiale, la France a besoin d’une main d’œuvre immédiatement disponible pour se relever de l’effort de guerre. Les Espagnols sont nombreux à être recrutés dans différents secteurs industriels et agricoles. Cette immigration économique se poursuit pendant l’Entre-deux-guerres.

En 1931, on recense 351.900 Espagnols en France, troisième population immigrée derrière les Italiens et les Polonais. La Guerre d’Espagne (1936-1939) provoque une deuxième vague d’arrivée, conduisant des centaines de milliers de réfugiés à franchir la frontière pyrénéenne. Plus de 475.000 personnes sont alors concernées .

Une troisième vague a lieu dans les années 1950-1960. Fuyant les persécutions franquistes ou à la recherche de meilleures conditions de vie, des milliers d’Espagnols prennent le chemin de la France. Lors du recensement national de la population française effectué en 1968, les Espagnols forment la première communauté étrangère, avec 607.184 ressortissants. Certains ne restent en France que quelques mois, d’autres plusieurs années et nombreux sont ceux qui s’y installent à vie.

Tous, à leur manière, contribuent activement au développement économique, social et culturel du pays. En 1999, plus de 160.000 Espagnols sont encore recensés sur le territoire français. A ce chiffre, il convient d’ajouter les descendants de ces migrants qui ont acquis la nationalité française (et donc ne figurent plus dans ces statistiques) mais qui continuent de porter en eux la mémoire de cette migration familiale.

Il s’agit aujourd’hui de retrouver les lieux où ces femmes et ces hommes, de passage ou qui se sont ensuite définitivement installés, sont arrivés, ont vécu, ont travaillé, se sont amusés, ont souffert, et se sont battus.

Notre objectif est de recenser tous ces lieux d’histoire et de mémoire [1]. Paris et l’ensemble de l’Ile-de-France ayant accueilli de nombreux migrants espagnols au cours du XXème siècle, certains lieux apparaissent comme emblématiques de cette migration. Ce sont ces espaces qu’il s’agit aujourd’hui de reconnaître et d’ériger en lieux de mémoire.

Face à la restructuration constante des zones urbaines, le patrimoine matériel, lorsqu’il n’a pas encore disparu, peut être menacé. Il apparait aujourd’hui important de le valoriser pour éviter qu’il ne tombe dans l’oubli. La localisation et l’étude de ces lieux peuvent renseigner les chercheurs comme les particuliers sur les parcours de vie et les destinées des Espagnols en France, et favoriser une réelle dynamique mémorielle et patrimoniale.

Recenser les lieux d’histoire et de mémoire de l’immigration espagnole à Paris, prendre en considération le patrimoine matériel, mais aussi immatériel, afin de le sauvegarder et de le valoriser, c’est participer à l’avènement d’une société plurielle, reconnaissante de la contribution des populations immigrées qui se sont installées sur son territoire. C’est faire connaître leur histoire et leur parcours, tout en favorisant leur inscription sur le territoire national.

Il y a donc urgence à repérer et étudier ce patrimoine matériel et immatériel pour enrichir nos connaissances sur l’histoire de l’immigration espagnole en France.

L’équipe de la Faceef

Références

- Rudelle, Odile, Recension de Les lieux de mémoire, La République, de Pierre Nora, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, Année 1985, Volume 7, Numéro 1, p.181.

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