LIEUX DE MÉMOIRE et D'HISTOIRE
de L'IMMIGRATION et de L'EXIL ESPAGNOLS en ÎLE-DE-FRANCE
un site créé par la FACEEF

Le CISE

1962/1963 - 1977


Centre d’information et de solidarité avec l’Espagne


Le Centre d’informations et de solidarité avec l’Espagne, créé en 1962/1963 par Marcos Ana et présidé par Pablo Picasso, se compose d’intellectuels souhaitant en finir avec le régime dictatorial franquiste.


Créé en 1962/1963 par Marcos Ana, alors ambassadeur du PCE dans le monde et poète ayant passé moins de vingt ans dans les prisons franquistes (1943-1961), le Centre d’informations et de solidarité avec l’Espagne est présidé par Pablo Picasso, qui a fourni les fonds de départ en vendant certaines de ses œuvres. Lieu de rencontre pour les jeunes Espagnols de l’Intérieur de toute orientation politique se rendant à Paris, le centre s’investit dans le combat antifranquiste et est un endroit d’opposition actif au franquisme.

Si de nombreux exilés espagnols y travaillent bénévolement, le CISE a peu de relations avec les émigrés économiques.

Les membres du PCE et des Jeunesses communistes (JC) perçoivent par ailleurs le CISE comme un organisme à caractère intellectuel. A cette époque, un mythe important entoure les intellectuels, qui constituent une véritable « caste » à part (au côté des militants armés, des militants non-armés et des ouvriers). Le CISE joue un rôle important dans la diffusion de la presse communiste puisque c’était également le lieu où arrive Mundo Obrero, organe de presse du parti, interdit depuis septembre 1950 lors de l’opération Boléro-Paprika, avant d’être distribué sous le manteau sur les marchés des différents arrondissements de Paris.

Une autre particularité du CISE est son interaction avec la société civile française. Les mobilisations consécutives à l’arrestation et à l’exécution en novembre 1962 en Espagne du militant Julian Grimau (qui coïncident avec la création du CISE en France), mêlent massivement les émigrés espagnols aux manifestants français. Cette interaction est rendue possible car les activités du PCE, et donc du CISE, sont soutenues par le Parti communiste français (PCF) ainsi que par la constellation d’organismes et d’institutions dans lesquelles se développe le communisme français.

Les « 6 horas del CISE », qui ont eu lieu au Palais des Sports, à la porte de Versailles ou encore, à la Mutualité, ont réuni de nombreux chanteurs, artistes et intellectuels, tels que Michel Piccoli, Juliette Gréco, Moustaki, Paco Ibanez ou encore Alan Stivell, venus soutenir les prisonniers politiques en Espagne et dénoncer le franquisme devant un public aussi bien espagnol que français..

Après la mort de Franco et la légalisation du PCE en Espagne en 1977, le CISE perd de son influence. En effet, suite à la transition démocratique, les hommes politiques sont confrontés à une crise de confiance, il faut donc refondre les objectifs de ce comité : Iberia Cultura prend donc la relève, sous la direction de José Pamies en 1977.

Références

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