LIEUX DE MÉMOIRE et D'HISTOIRE
de L'IMMIGRATION et de L'EXIL ESPAGNOLS en ÎLE-DE-FRANCE
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Hogar de los Españoles de la Plaine Saint-Denis

De 1926 à nos jours



Premièrement fondée en tant qu’association catholique de secours mutuel, le Hogar de los Españoles devient avec le temps une association culturelle et récréative.


Bar du Hogar dans l'ancienne salle des fêtes du Patronato, la Plaine (...)

Les pères clarétains du Real Patronato Santa Teresa de Jesús de la Plaine Saint-Denis sont à l’origine de la création d’une société catholique de secours mutuel, le Hogar de los Españoles /Hogar des Espagnols, dont les statuts sont déposés à la Préfecture de police de la Seine en août 1926. Selon leur article premier : « Cette société aura pour objet de développer l’esprit d’économie et de prévoyance de l’avenir. Le mutuel soutien des membres à toutes les heures de la vie, et selon les circonstances et les ressources de l’association. »

A l’époque, les adhérents doivent obligatoirement être des Espagnols salariés, des deux sexes, âgés de 16 à 55 ans. Une cotisation mensuelle de 10 francs leur ouvre droit, en cas de maladie de plus de quatre jours, aux visites d’un médecin désigné par le Hogar, à la gratuité des médicaments et à un secours en espèces évoluant en fonction de la durée de leur incapacité de travail. En cas de décès, la veuve ou le veuf reçoit 150 francs et 50 francs sont alloués à l’achat d’une couronne mortuaire.
Hormis dans les familles les plus pratiquantes, cette société de secours mutuel n’obtient pas un grand succès auprès des ouvriers espagnols : il ne compte qu’une petite centaine d’adhérents en 1927 puis connaît un rapide déclin lors de la crise économique des années 1930.

Après la victoire franquiste de 1939, une section du parti unique, la Falange española tradicionalista-Juntas de Ofensiva nacionalsindicalista (FET-JONS), est créée au sein du Hogar mais, malgré son prosélytisme, elle ne rencontre guère de succès et disparaît au bout de quelques années.

Au fil des années d’après-guerre, le fonctionnement de la société de secours mutuel est rendu caduc par l’accès des étrangers à la Sécurité sociale. Le Hogar change alors de statuts et devient une association à vocation récréative et culturelle, très appréciée par les immigrés dits « économiques » de la vague 1956-1965. Après le départ des pères clarétains en 1976, le Hogar occupe la totalité des locaux du Patronato, propriété de l’ambassade d’Espagne.

En 2011-2012, l’association compte environ 250 familles adhérentes et son fonctionnement repose sur le dévouement d’une poignée de bénévoles. Elle se veut un lieu de rencontre convivial pour les Espagnols disséminés en la banlieue nord. Elle dispense des cours de flamenco et de guitare et tient un bar à tapas chaque week-end dans les locaux de l’ancienne salle des fêtes du Patronato, décorés d’une grande fresque représentant des figures emblématiques de l’« hispanité » : Don Quichotte et Sancho Pança, Christophe Colomb et ses trois caravelles. Le Hogar propose aussi des bals dans l’ancienne chapelle et différentes activités rythmant l’année : célébration des Rois en janvier, carnaval en mars, distributions de cadeaux à l’occasion des fêtes des Mères et des Pères, Fête de l’Amitié en juin, sortie à la mer en en juillet, réveillon du 31 décembre.

Depuis l’interdiction à la fréquentation prise par le [Consulat espagnol-art2] en février 2012, consécutive à un rapport d’expert soulignant la vétusté des anciens locaux du Patronato, le Hogar a dû cesser pratiquement toutes ses activités et est actuellement dans l’attente d’une rénovation.

Références

PORTFOLIO
Restaurant et bar à tapas du Hogar, la Plaine Saint-Denis, 2013.
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