LIEUX DE MÉMOIRE et D'HISTOIRE
de L'IMMIGRATION et de L'EXIL ESPAGNOLS en ÎLE-DE-FRANCE
un site créé par la FACEEF

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Les lieux de mémoire et d’histoire de l’immigration et de l’exil espagnols en Ile-de-France comprennent notamment des espaces liés à la vie quotidienne, sociale et culturelle, se rapportant aux différentes vagues migratoires du XXe siècle.

Les premiers migrants (1870-1936) sont issus, en grande majorité, de classes sociales défavorisées, appelées à travailler et à vivre dans des conditions pénibles au sein de grandes zones industrielles où ils trouvent du travail ; les terrains vagues au pied des usines leur permettent de construire des baraques de fortune. La population immigrée espagnole est tellement importante à La Plaine Saint-Denis, commune située entre Saint-Denis et Aubervilliers, que ce quartier en auto-construction finit par être nommé « la Petite Espagne ». Une paroisse (le Real Patronato Santa Teresa de Jesús), un théâtre et un dispensaire y sont d’ailleurs construits sur l’initiative du père clarétain Gabriel Palmer, aumônier du roi d’Espagne Alphonse XIII.

La vague migratoire suivante correspond à l’exil de milliers d’Espagnols, ouvriers, paysans, intellectuels et artistes, suite au coup d’État du général Franco et à la Guerre civile (1936-1939). Les exilés, fortement impliqués dans la lutte contre le franquisme et le fascisme, se réunissent au sein d’associations de partis politiques et de syndicats espagnols reconstitués sur le sol français. Leur vie quotidienne, sociale et culturelle est généralement structurée par leur engagement politique. Certains militent également au sein de syndicats et partis français. Ainsi, des locaux servant aux mouvements politiques français pour l’organisation de manifestations politiques et culturelles sont également fréquentés par les exilés espagnols (Palais de la Mutualité, Maison des Métallos, salle Suset, locaux de la rue Sainte-Marthe, etc.).

A partir de 1956, date de la création de l’Institut espagnol d’émigration (IEE), et suite à l’ouverture internationale de l’Espagne franquiste -notamment du fait de son entrée au FMI- des accords sont signés avec différents pays de résidence, dont la France. Entre 1960 et 1965, de nombreux Espagnols émigrent vers la France et s’installent en Île-de-France, notamment dans l’ouest parisien et en banlieue. Principalement originaires de régions rurales, ils sont très peu qualifiés et occupent les postes les plus difficiles dans le BTP et l’industrie, notamment automobile. Contrairement à la vague migratoire de l’entre-deux-guerres, les femmes seules sont désormais largement représentées. La plupart d’entre elles trouve un emploi dans le service domestique dans les beaux quartiers de l’ouest parisien : XVIe et XVIIe arrondissements, communes aisées de Neuilly-sur-Seine et Levallois-Perret. Dans les années 1960, le nombre d’Espagnoles parmi les employées de maison est tellement important qu’apparaît le stéréotype de la « Conchita ». Quelques hommes espagnols sont également employés dans ce secteur et occupent des postes de concierges, chauffeurs, jardiniers, maîtres d’hôtel, valets de chambre, etc. Les femmes habitent les chambres de services des immeubles dans lesquels elles travaillent, les « chambres de bonnes ».

La vie quotidienne et sociale de ces immigrés reproduit les habitudes liées aux modes de vie du pays d’origine. Ils se promènent le dimanche après-midi sur les principales avenues des quartiers de l’ouest de Paris et fréquentent l’Église de la rue de la Pompe où sont assurées des messes en espagnol. Néanmoins, ils s’adaptent aux pratiques sociales et culturelles de leur nouveau pays de résidence, en se rendant dansles salles de concert qui finissent par proposer aussi bien des bals inspirés du folklore espagnol, que d’autres manifestations artistiques et culturelles. A cette époque, le milieu de la restauration espagnole connait un certain succès et attire de nombreux immigrés.