LIEUX DE MÉMOIRE et D'HISTOIRE
de L'IMMIGRATION et de L'EXIL ESPAGNOLS en ÎLE-DE-FRANCE
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Les restaurants espagnols à Paris

De 1960 à 1990



Comme le remarque la sociologue Isabelle Taboada-Leonetti dans son ouvrage concernant la communauté espagnole immigrée du XVIe arrondissement de Paris, il est très difficile de dresser une liste exhaustive des commerces et entreprises dont seraient propriétaires des immigrés espagnols ou d’origine espagnole. En effet, « beaucoup ont acquis la nationalité française tout en continuant à être reconnus comme Espagnols, d’autres, de nationalité espagnole, ont installé des commerces du type « commerces de quartier », que rien ni l’appellation, ni le type d’activité, ni la clientèle, ne permet de définir comme espagnols » [1].


Un restaurant espagnol de Paris et son chef, 2013.

Au cours des années 1980, des statistiques produites par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) lors de recensements démontraient la faiblesse du réseau commercial espagnol à Paris. Ainsi, d’après le recensement INSEE de 1982, le nombre de commerces espagnols étaient de 1620 pour la France entière, tandis que, à titre de comparaison, il en référençait 3000 au sein de la communauté italienne immigrée. Une étude sociologique réalisée par M. Guillon et E. Ma Mung [2] sur les commerçants étrangers de Paris, montre qu’en 1982, 256 commerces appartenaient à des Espagnols sur les 10 500 commerçants étrangers que comprend l’agglomération parisienne. Les Espagnols et les Portugais sont alors, en ce qui concerne le développement de structures commerciales, les deux communautés d’immigrés les plus sous-représentées à l’époque.

A Paris, les commerces ouverts et tenus par les immigrés espagnols étaient principalement des restaurants et des bars, dont la majorité possédait une enseigne clairement espagnole. Ainsi, le Don Quijote, le Casa Pepe, El Picador, Los Jardines de Granada, La Rambla, El Prado (dont le propriétaire a aujourd’hui ouvert El Rincon Español), El Burro Blanco, Chez Ramona étaient autant d’endroits connus et fréquentés généralement en fin de semaine par la communauté espagnole immigrée (même si « ils s’adressent à un public mixte amateur de cuisine espagnole » [3]), résidant à Paris et dans sa région, jusqu’à la fin des années 1980.

Certains restaurants affichant une enseigne en français, tels que Chez Vincent ou Chez François compliquent l’identification à la communauté espagnole mais n’en demeurent pas moins des adresses connues de cette dernière. Ceux-ci peuvent se définir davantage comme « des restaurants français dont le propriétaire est d’origine espagnole et met à profit ses origines pour diversifier les menus proposés et, dans certains cas, donner un « cachet » méridional au décor et à l’accueil » [4]. Ces restaurants et bars espagnols sont donc également fréquentés par les Français, mais les plus « typiques » d’entre tous, généralement ceux qui proposent une ambiance musicale en accompagnement du repas, demeurent les « repères » d’un public en majeure partie ibérique et latino-américain.

Références

- Guillon M. et Ma Mung E., « Les commerçants étrangers dans l’agglomération parisienne », in Revue européenne des migrations internationales, numéro 1, 1987.

- Taboada-Leonetti, Isabelle, Les immigrés des beaux quartiers. La communauté espagnole dans le 16ème arrondissement de Paris, CIEMI L’Harmattan, Paris, 1987. p. 135

- Entretien avec Bernardo Castillo réalisé par Lola Baldo, 21 novembre 2012, Paris, FACEEF.

- Entretien avec Eduardo González réalisé par Lola Baldo, 25 janvier 2013, Paris, FACEEF.

- Entretien avec Juan Ferrer Hidalgo réalisé par Lola Baldo, 13 février 2013, Paris, FACEEF.

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