LIEUX DE MÉMOIRE et D'HISTOIRE
de L'IMMIGRATION et de L'EXIL ESPAGNOLS en ÎLE-DE-FRANCE
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Association hispano-américaine San Fernando

De 1892 à nos jours



L’Association hispano-américaine San Fernando est créée en 1892 afin d’offrir une protection sociale aux immigrés espagnols venus chercher du travail à Paris et dans sa région. Elle dispose d’un centre médico-social, d’un foyer d’étudiantes et de jeunes travailleuses ainsi que d’un foyer accueillant des femmes enceintes en difficulté. Son équipe organise des visites aux détenus, aux personnes âgées et aux malades hispanophones. Des permanences sociales et des cours de français y sont également assurés.


Lors d'une visite du Président du conseil des Députés, Don Gregorio Peces (...)

L’Association hispano-américaine San Fernando est créée en 1892 afin d’offrir une protection sociale aux immigrés espagnols venus chercher du travail à Paris et dans sa région au XIXe siècle. Elle est dirigée jusqu’à la fin de l’année 1895 par des membres de la congrégation des sœurs de la Charité, dont la principale représentante est sœur Isabel. Un local est loué avenue du Roule, au sein duquel Sœur Isab77, plus de 300 professeurs espagnols enseignent au sein des classes complémentaires. Ces effectifs déclinent peu à peu dans le courant des années 1980-1990 : il n’y a plus que 40 professeurs espagnols en France en 2006 pour dispenser les cours. En ce qui concerne les élèves, à partir de la seconde moitié des années 1980, un changement s’effectue : les fils et filles d’émigrés espagnols deviennent majoritaires. Ils sont généralement issus de familles bien intégrées dans la société française et possèdent une moindre connaissance de la langue espagnole que la génération précédente. Néanmoins, ce phénomène semble être compensé par le vif intérêt de ces nouveaux élèves pour la préservation de leurs racines linguistiques et culturelles.

Durant les années 1980, les classes complémentaires de langue et culture espagnoles auraient pu profiter de l’assouplissement des politiques françaises pour se développer et les autorités espagnoles auraient pu appliquer les recominition de l’association et de ses statuts est discuté par tous les membres de l’association et approuvé à l’unanimité. Ce projet de définition énonce clairement les objectifs de l’association : « Protéger les pauvres, les invalides, les personnes âgées, les enfants et les malades des deux sexes et de nationalité espagnole ou hispano-américaine, faciliter les conditions de retour au pays de tous les indigents, distribuer aide, soutien et assistance médicale. »

Un autre évènement important de cette année 1897 est l’acquisition d’un nouveau bâtiment par le marquis de Casa Riera, 69 boulevard Bineau à Neuilly-sur-Seine, destiné à accueillir l’association San Fernando. Cette propriété comprend un bâtiment de trois étages, une loge de jardinier, une serre, des écuries et garages, ainsi qu’un grand jardin abritant des kiosques. L’une des fondatrices de l’association, Doña Trinidad Scholtz, offre une magnifique statue de San Fernando, afin qu’il protège la maison.

Cette association est reconnue par le gouvernement français comme œuvre d’intérêt et d’utilité publics le 24 août 1907. En 1914 est créé le centre médical et, tout au long de la Première Guerre mondiale, l’association fonctionne comme un hôpital de guerre, placé sous la protection du roi d’Espagne Alphonse XIII. En 1919, San Fernando reprend ses activités ordinaires : assistance aux enfants, visites aux détenus espagnols (prison de la Santé), centre médical. Il joue également un rôle important pendant la Guerre civile espagnole, en accueillant les réfugiés politiques et leurs familles.

Depuis sa création et aujourd’hui encore, l’association est soutenue par les législations et les ambassades d’Espagne et des pays d’Amérique latine (l’ambassadeur d’Espagne est d’ailleurs son Président). Tout au long de son existence, elle s’est adaptée aux mouvements migratoires des populations espagnoles et latino-américaines arrivant en région parisienne. Elle a, par exemple, joué un rôle d’aide et de soutien important auprès des nombreux Espagnols cherchant à s’établir en région parisienne à partir des années 1950 pour fuir la misère qui règne dans l’Espagne de Franco.

Les objectifs que se sont fixés les fondateurs de cette association et qui consistent en une assistance matérielle, sociale, morale et spirituelle sont aujourd’hui encore d’actualité. L’association hispano-américaine offre par ailleurs un accès gratuit à des soins médicaux pour toutes personnes dans le besoin. Ce soutien sanitaire envers les populations immigrées hispanophones s’établit à travers l’action socio-caritative des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul.

L’association San Fernando comporte aujourd’hui un centre médico-social, un foyer d’étudiantes et de jeunes travailleuses ainsi qu’un foyer accueillant des femmes enceintes en difficulté. Son équipe organise des visites aux détenus hispanophones, aux personnes âgées et malades hispanophones. Un service social (permanences) et des cours de français sont assurés.

Références

- Oso Casas, Laura, Españolas en París. Estrategias de ahorro y consumo en las migraciones internacionales, Bellaterra, Barcelona, 2004.

- Tur, Bruno, « Vie de couple et stratégies professionnelles des Espagnoles à Paris », in Hommes et migrations, n°1262, juillet-août 2006.

- Valdes y Ozores, María, España en París desde 1892. Historia de la asociación hispano-americana San Fernando, Embajada de España en París, Cámara Oficial de Comercio de España, Paris, 2000.

- Entretien avec les sœurs de l’Association hispano-américaine San Fernando réalisé par Lola Baldo, octobre 2012, Neuilly-sur-Seine, FACEEF.

- Entretien avec Miguel Ángel Chueca réalisé par Lola Baldo, 30 janvier 2013, Paris, FACEEF.

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